Les résultats du sondage publié par le Parisien et qui placerait Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour des Présidentielles sont venus obscurcir ce premier week-end de mars, pourtant ensoleillé dans les Côtes d'Armor.
Au moment où de nombreuses manifestations ont eu lieu dans le cadre de la journée internationale pour les droit des femmes, c'est particulièrement ironique et symboliquement inquiétant que ce soit la chef de file du Front national qui canalise l'attention des médias quand on sait que son parti envisage de remettre en cause le droit à la libre contraception et l'avortement.
Cela aura au moins pour conséquence de rappeler l'intérêt d'un encadrement des sondages, et peut être d'accélérer l'adoption de la proposition de loi "visant à mieux garantir la sincérité du débat politique et électoral", voté en première lecture au Sénat.
D'autre part, au delà du débat sur la fiabilité des sondages, cet épisode peut agir comme une nécessaire piqûre de rappel à l'encontre de la classe politique. Plutôt que de s'atteler à pronostiquer les scénarios envisageables pour 2012, ces résultats nous amènent au contraire à nous interroger sur les causes de cette apparente montée du Front National.
Il est, en effet, temps de prendre la mesure de la situation et de ne pas jouer le jeu de la majorité qui consiste à contourner les vrais problèmes en se lançant dans des débats plus racoleurs les uns que les autres.
Quelques jours après le dernier remaniement, qui succède au précédent de trois mois, entre les "nouveaux" membres de ce Gouvernement, les conseillers recyclés, les ministres promus, les autres déchus, une direction de l'UMP tournante, il devient de plus en plus compliqué de comprendre qui fait quoi…
L'exercice de communication du Président Sarkozy, qui est venu annoncer lui même ces ajustements au sein du Gouvernement (qui faisait suite à la démission de Mme Alliot Marie suite à son traitement catastrophique de la Révolution Tunisienne) ne peut pas dissimuler l'échec complet de la politique qu'il mène depuis 2007.
Pire, M. Sarkozy n'a pas trouvé mieux que de ressortir le couplet du terrorisme, de l’islamisme et de l’immigration, au moment où les Français attendent des solutions concrètes pour leur pouvoir d'achat, en matière d'emploi ou encore de services publics.
Alors que le risque de régression qui menace en période de crise est bien présent, nous devons nous efforcer de recentrer le débat sur l'essentiel. Ne tombons pas dans les pièges tendus par la majorité et ne nous laissons pas entraîner dans des débats démagogiques pour nous concentrer sur le programme de 2012.
Contrairement à Marine Le Pen, nous avons des propositions... Contrairement à l'UMP, elles concernent la vie des français, l'emploi, les services publics, le pouvoir d'achat, le prix de l'énergie, etc. Et surtout, elles sont basées sur la notion de justice sociale ! Il faut donc s'interroger sur la meilleure manière de les véhiculer.